Titre d’un article paru dans le Monde Magazine le 28 novembre 2009 (voir notre blog le 01 /12/2009) – Auteur Laurent Carpentier, photos Bastien Defives.
Quelques extraits, pour rappeler que nous ne sommes pas les seuls en France à dénoncer ce qui suit. Partout du Nord au Sud et d’Est en Ouest des citoyens se
mobilisent pour faire entendre leur voix.
Il n’y a guère que la région PACA qui semble à l’heure actuelle à peu près épargnée.
Ah bon ? Pourquoi ? La Provence, la côte d’Azur, le Lubéron n’ont pas encore leur petite ZDE ? Serait-ce que les citoyens de cette région sont un peu
plus chatouilleux que nous autres « ploucs du Languedoc-Roussillon » sur la qualité de leurs paysages ?
Non, non, non nous a, un jour, dit sans rire, David Augeix, directeur d’EDF Energie Nouvelle à Béziers, c’est parce qu’il n’y a pas assez de vent là-bas.
EXTRAITS
En hors d’œuvre :
Quand l’appât du gain tourne au cauchemar
Malins, quand ils ont vu arriver les promoteurs, les agriculteurs [Jean-Pierre et Henri] se sont regroupés, ont pris un notaire et ont fait monter les prix :
6000 € par éolienne et par an, alors qu’habituellement les prix pratiqués varient entre 2000 et 3000 €. « Pour les industriels, c’est une bouchée de pain. Quand l’an passé ils ont
proposé d’en ajouter cinq de plus [éoliennes] dont une chez nous, le prix est monté à 12000€, mais on n’en a pas voulu… Pourquoi ? Parce qu’avant on se savait pas… » Ils ne
savaient pas le bruit, l’écrasement du paysage, mais surtout la guerre entre voisins et la perte de valeur de leurs terres s’ils s’avisaient un jour de vouloir les revendre…
« Fini ! Terminé avec leurs conneries ! Ils nous ont bien eu, va… Déjà ces deux machines –là, elles nous prennent la tête. Qu’ils les démontent s’ils veulent, et qu’ils gardent
leur pognon ! »
A propos des retombées touristiques
« Le plateau d’Ally, au dessus de Brioude, à la frontière de la Haute-Loire et du Cantal : c’est ici que fut créé en 2005 un des premiers parcs
éoliens de France. Au début, on y vint par cars entiers pour voir « comment c’était », les éoliennes. Et puis les cars se sont vidés parce que les aérogénérateurs, le terme technique
pour désigner ces machines, avaient conquis la France »
Conclusion : ceux qui veulent nous faire croire que les éoliennes sont une attraction touristique ne voient qu’à très court terme. Quand on aura tous des
éoliennes dans notre paysage, on ne voit pas pourquoi on irait voir celles du voisin. On peut même se dire que si on vit près d’éoliennes on cherchera plutôt à partir en vacances dans un endroit
où il n’y en a pas.
A propos des méthodes
« On envoie des truands, des businessmen, dans les campagnes. Ici les gens sont des agneaux, et ils se font manger ! On leur fait signer des
promesses de baux. On leur dit : Cela n’engage à rien. On leur répète : C’est le vent, cela ne fera aucun bruit. Une fois signées, c’est trop tard, ils ne savent plus se dédire. Et
après ils tombent malades, ils souffrent, on les prive de leur être… » (Abbé Henri-Dominique Roze)
« L’éolien, c’est la guerre dans les campagnes. C’est la corruption qui nous gangrène… » (Jean Marty, Collectif Agir en Lévezou)
« Au début, je n’étais pas contre. C’est après que j’ai compris. Là où j’habite, les maisons forment comme un corridor. Le bruit des éoliennes s’y
engouffre, et les murs deviennent des caisses de résonance. Depuis, j’ai de la tension et des problèmes d’oreilles. » (Membre d’une équipe municipale pro-éolien qui veut garder
l’anonymat par crainte de représailles)
Conclusion : truands, businessmen, corruption, représailles… Et si l’éolien n’était, pour certains, qu’une affaire de gros sous ? Ce qu’on appelle le
« business vert ».
Mauvaise langue me dit-on. Tu vois le mal partout. C’est quand même pour la protection de la planète disent nos élus verts en baissant pudiquement le regard devant
le mot « Ethique ». Et puis, qu’est-ce que tu préfères, le nucléaire ? Ben tiens, parlons-en !
A propos du nucléaire
« Les éoliennes n’ont tué personne quand on compte 5000 morts par sur les routes […] Et puis, vous avez une autre solution, vous ? Vous préféreriez
des centrales nucléaires ? (André Antolini, président du syndicat des énergies renouvelables)
Voilà ! Le grand mot est lâché ! Comme une injure. Si on ne veut pas d’éoliennes c’est qu’on est pro-nucléaire. Ce à quoi Alain Bruguier (président de
Vent de colère) réplique : « Si encore c’était là le prix à payer pour sauver la planète ! Si cela permettait de fermer les centrales nucléaires ! Mais, contrairement à ce
qu’on veut nous faire croire, ce n’est pas nucléaire ou éolien ; c’est nucléaire et éolien. »
Conclusion : ce que nous voulons, nous, c’est une vraie politique sur les économies d’énergie car ce qui est fait en ce moment c’est exactement
l’inverse : on incite les gens à consommer de plus en plus (bientôt tout le monde aura sa voiture électrique) donc il faut multiplier de plus en plus les sources d’énergie. Et comme l’éolien
est une source d’énergie aléatoire (eh, oui, le vent est encore libre de souffler quand il veut) il va falloir multiplier les centrales nucléaires qui progressent au rythme ou les énergies
renouvelables progressent.
Je vais faire un peu de provocation : j’accepte que le territoire français soit entièrement recouvert d’éoliennes, de panneaux photovoltaïques et de toute
autre source d’énergie renouvelable si dès demain on arrête TOUTES les centrales nucléaires. Sûr que le fils de mon voisin quand on lui dira c’est Nitendo ou lecture sous la couette il va
faire la gueule ! Sans parler de son papa qui roule en 4X4, et de sa maman qui ne supporte pas la chaleur et qui a fait mettre la clim’ partout.
Moi je me bats contre le pourrissement de mon environnement mais j’ai déjà choisi depuis longtemps : c’est lecture sous la couette !
A propos de notre santé
« Stress, nausées, insomnies, vertiges, irascibilité, dépression… »
« Bruits d’avion, ronflements, vibrations, effets stroboscopiques, effets de résonance, infrasons… »
« Comme les hypersensibles des ondes les malades des éoliennes souffrent avant tout de ne pas être entendus. On les moque, on les charrie (…) là où eux
n’expriment que détresse. »
Jusqu’à Antoine Foucher (directeur des campagnes de Greenpeace, dont j’admire pourtant le combat anti-nucléaire) qui sans états d’âme ose dire : « On
nous parle de cas particuliers qui ne font pas un cas général. On est dans de l’indétectable au niveau épistémologique »
Conclusion : Ceux qui ressentent les symptômes ci-dessus sont considérés comme des affabulateurs. Il paraîtrait même que c’est psychosomatique ! Pourtant
il y a bien des maladies dont souffrent très peu de gens, on appelle ça des maladies orphelines ! On oublie trop souvent de rappeler que c’est l’Académie de Médecine qui, mettant en avant le
principe de précaution, a suggéré de ne pas installer d’éoliennes à moins d’1,5 km des habitations. Dans le Lévezou il y a des éoliennes à moins de 400 m des maisons et dans la ZDE des
Avants-Monts les premières habitations sont à 700 mètres.
« Quid du principe de précaution dont les mêmes militants vantaient hier le primat ? (Greenpeace, Les Verts…) Sacrifié sur l’autel du
réchauffement climatique ? La Ligue de Protection des oiseaux a abandonné les chauves-souris, qu’on disait menacées, au cimetière des victimes co-latérales (comme les humains), et
tous les grands participants du Grenelle de l’environnement, désormais dépositaires du programme éolien qui y fut mis en avant, cosignent sans états d’âme aux côté des lobbys industriels toutes
les mensures nécessaires à faire passer l’éolien en force, sans prendre la mesure du changement qui est en train de s’opérer.
Greenpeace, les Verts n’en sont pas à une contradiction près. Juste deux précisions :
- Arrêter les éoliennes par faible vent permet de préserver les chauves-souris. Un chercheur de
l’université de Calgary au Canada vient de montrer que la mortalité des chiroptères peut être largement diminuée par ce simple procédé. Si on fait démarrer les éoliennes à 19,8 km/h au lieu de
14,4 km/h le nombre d’animaux tués diminue de 60%. Sauf que cela induit un manque à gagner de 2600 € par mois. (source : Science et Vie, décembre 2009)
Qu’est-ce qu’on parie que se ne sont pas les chauves-souris qui vont gagner !
- Biocarburant : bilan positif mais… L’ensemble des filières biocarburants présente des bilans
moins émissifs que les carburants fossiles. Dans un rapport publié le 8 octobre, l’Ademe valide l’impact positif, en terme de gaz à effet de serre (GES) des biocarburants de première génération
consommés en France. (…) Mais les associations environnementales contestent les résultats en expliquant, par exemple, qu’en intégrant les émissions dues à la déforestation en Indonésie, le bilan
GES de l’huile de colza est le double de celui du diesel qu’il remplace. (source : Science et Vie, décembre 2009)
Raser des forêts, cultiver de manière intensive des plantes pour faire rouler nos voitures au mépris complet de la faim dans le monde, il y a quelque chose
d’indécent dans ce système.
Et puisqu’on est au chapitre des contradictions et de la mauvaise foi, une petite dernière pour finir !
A Olargues, Le Chevalier Vert qui s’attaque à nos paysages pour soi-disant préserver la planète est quand même partenaire de la manifestation la plus
imbécile et la plus méprisable qui soit de nos jours quand on parle d’économie d’énergie et d’émission de Gaz à Effet de Serre : une course de voiture ! C’est vrai que le
responsable de l’association organisatrice est membre du conseil municipal d’Olargues ! A petit roitelet, petits vassaux !
Peut-être que l’on pourrait suggérer à nos éminents conseillers municipaux et à leur chef incontesté, notre preux Chevalier Vert, de se pencher sur le sens du mot
ETHIQUE.